cannabinol vice ou vertu???

Publié le par Mr Yahp

 
 
 
                  
 
 
Quels sont les réels effets du chanvre ?
 
Que peut-on espérer de son usage thérapeutique ?
 
Cannabis : distinguer le vrai du fauxAu-delà des visions partisanes, on sait peu de choses des effets du cannabis sur la santé.
 
 
 
 
LE CANNABIS  (cannabis sativa indica) est mieux connu sous les 200 mots d'argot différents attribués à la marijuana et au haschich : pot,  joint, herbe, marie-jeanne, beu, shit, bunt, kif, tosh, hakik, ganja, jaja …
 
Toutes les formes de cannabis sont des substances qui perturbent l'état d'esprit dû particulièrement au
 
 D9THC
(delta-9-tetrahydrocannabinol)
 

Molécule de tétrahydrocannabinol
( THC )
 
l'un des  460  éléments chimiques 
 
stérols,
 
terpènes,
 
alcaloïdes,
 
benzopyrène,
 
etc., et une soixantaine de cannabinoïdes que compte le cannabis.
 
Les cannabinoïdes peuvent être synthétisés chimiquement et trouvent des applications cliniques et thérapeutiques.
 
À des fins médicales, on peut utiliser l'ingrédient actif de la marijuana, le THC, pour diminuer les vomissements des personnes ayant à subir un traitement de chimiothérapie contre le cancer.
 
             Détail agrandi 
 
La concentration en D9THC varie suivant l'espèce et la partie de la plante qui est utilisée.
 
La majorité des Canadiens qui consomment de la marijuana ne le font qu'occasionnellement. Au moins un million et demi de Canadiens enfumeraient pour leur plaisir, et ils seraient de plus en plus nombreux à le faire : selon l'Institut de la statistique du Québec, 13,5 % des Québécois ont consommé du cannabis en 1997. C'est deux fois plus que dix ans plus tôt. Les études montrent que la drogue est plus populaire chez les jeunes.
 
Le cannabis se présente sous diverses formes :
 
- l'herbe (marijuana) se présente sous forme de feuilles, tiges et sommités fleuries séchées, qui sont fumées soit avec du tabac, soit pur.

- le haschich (shit) se présente sous forme de plaques compressées, de barrettes de couleur verte, brune ou jaune selon les régions de production. Il se fume aussi avec du tabac. Peut être coupé avec d'autres substances comme le henné, le cirage, la paraffine…
 
- l'huile plus concentrée en principe actif est consommée avec une pipe, mais son usage est peu répandu.

                  
  • Des formes diverses : Marijuana, haschich, huile
On connaît plus de 350 noms pour le chanvre dans le monde (dagga, ganja, kif,  marijuana, takrouri, yamba…)  sans compter le vocabulaire récent inventé par les utilisateurs contemporains.
 
Dans le passé, diverses préparations traditionnelles contenant du cannabis étaient destinées à être mangées comme le bhang
 
(boisson préparée à partir de la plante consommée dans le sous continent indien)
 
et le dawamesk
 
(pâtisserie à base de haschich consommée en Turquie et au Moyen-Orient),
 
rendu célèbre au dix-neuvième siècle par les membres du club des haschichins qui consommaient le haschich sous cette forme principalement.
 
Mais le plus souvent le cannabis était fumé  et c'est de cette façon qu'il est majoritairement consommé aujourd'hui encore selon des méthodes qui varient avec les cultures.
 
 

- Enfin, on peut le trouver en infusion dans du lait ou mélangé dans des gâteaux (space-cake)…
 
 
ça fait quoi ?

Les effets psycho-actifs de cette drogue sont dus au principe actif du cannabis, le THC (tétrahydrocannabinol), inscrit sur la liste des stupéfiants. Aujourd'hui, les propriétés thérapeutiques du THC contre la douleur et les vomissements sont reconnues scientifiquement et sa prescription est même autorisée dans certains états des Etats-Unis et en Grande Bretagne au cours des chimiothérapies anticancéreuses et pour certaines affections liées au sida.
 
Le nom de genre du chanvre, Cannabis, est employé aussi couramment pour caractériser les différentes formes sous lesquelles est consommée la plante ou ses dérivés.
 
La teneur en résine sécrétée par les poils spécialisés situés au niveau des sommités florales est très variable selon l'origine géographique de la plante et les pratiques culturales. Aussi, la teneur en THC de la plante varie-t-elle de 1 à 10 %.  Chaque poil sécréteur se termine par une tête globuleuse où s'accumule la résine et qui se détache aisément de son support.

C’est également une plante fibreuse. Ce sont ces deux dernières propriétés qui sont à l’origine de sa culture : la résine possède des propriétés psychotropes connues depuis la nuit des temps et le chanvre a été longtemps cultivé en Europe et en Asie pour ses longues fibres utilisées dans la fabrication de cordages. 

C’est une plante cosmopolite, mais les conditions de milieu ont une grande influence sur son développement et sa croissance : dans les régions chaudes, elle produit beaucoup de résine et peu de fibres alors que dans les régions tempérées, elle produit beaucoup de fibres et peu de résine.
 
Ceci conduit à distinguer la variété textile de la variété « indienne ». La culture du chanvre, interdite par les conventions internationales, est désormais autorisée en Europe à la condition d’utiliser des variétés textiles contenant moins de 0,3 % de "THC" le principe actif responsable des propriétés psychotropes. Les semences, qui ne contiennent aucun principe actif, sont utilisées aussi pour préparer de la farine ou pour en extraire une huile riche en acides gras insaturés.
 
 
Les risques :

Même si tu trouves qu'il a un effet relaxant ou euphorisant de cette drogue, qu'il te détend ou t'apaise ou tout simplement qu'il te facilite le rapport aux autres, le cannabis modifie indéniablement ta perception et ton attention.
 
Il peut même aller jusqu'à te rendre somnolent et par là même ralentir tes réflexes, ou au contraire te rendre soudainement surexcité.
 
On dit que le cannabis ne fait qu'amplifier l'état dans lequel on se trouve, avec des effets variables selon la quantité et la qualité des drogues consommées.
 
Bref, côté maîtrise de soi, c'est un peu grillé… Et bien sûr, ça, c'est plutôt dangereux, au volant notamment.
 
Le cannabis ne provoque pas de dépendance physique, mais, comme tout produit psychoactif, ses effets peuvent modifier, momentanément ou durablement ta vraie personnalité...
 
Les effets du cannabis ne dépendent pas seulement du mode de consommation, de la quantité ou du taux de THC consommée, mais aussi de la personnalité de l’individu qui en consomme, de son état d’esprit.  À la fois un psychostimulant et un psychodépresseur, les effets se rapprochent de ceux des hallucinogènes.  
 
Fumé, les effets se font sentir en quelques minutes et durent de 2 à 4 heures.  
 
Avalé, ses effets peuvent prendre plus de 30 minutes à se manifester, et persister de 3 à 8 heures.
 
Chez un sujet à personnalité structurée, les effets d'un usage à faible dose restent circonscrits et les risques sont peu marqués tant sur le plan physique que psychique .
 
L’effet principal du THC est de modifier l’humeur, les sensations et le comportement. Les personnes peuvent se sentir plus relax, joyeuses, insouciantes; mais l’euphorie peut facilement se transformer en déprime et autres difficultés psychiques.
 
La marijuana augmente le rythme cardiaque, dilate les vaisseaux sanguins de la conjonctivite, causant une rougeur caractéristique des yeux.
 
La marijuana provoque peu d'hallucinations. La perception sensorielle semble accrue, les couleurs plus éclatantes, les sons plus distincts.
 
L'utilisateur a la bouche sèche, son appétit augmente.
 
Rythme cardiaque légèrement accéléré.
 
La perception du temps et de l'espace sont déformés. Certains consommateurs se replient sur eux-mêmes, ou ressentent de la peur, rient sans raison apparente, souffrent d'anxiété, de dépression.
 
EFFETS À LONG TERME DU CANNABIS
 
Rappelant que les effets produits par le cannabis sont directement liés à la personnalité de l'individu, au contexte de la consommation, à la quantité absorbée et à la qualité du produit,  et retenant  que les effets  de l'accumulation de THC dans les tissus sont encore mal connus mais indéniables, les effets à long terme sont : 

En cas de consommation régulière et fréquente, la concentration, la capacité d’apprentissage, la mémoire à court terme, la capacité de conduire,  sont toutes fortement affectées, et  peuvent être perturbées encore pendant 24 heures après la consommation.
 
Les effets psychologiques comprennent des réactions de panique,  le syndrome amotivationnel (réduction de l'ambition et de la motivation).
 
La marijuana est nocive pour le système pulmonaire car elle emplie les poumons de trois fois plus de goudron et de cinq fois plus de monoxyde de carbone que la cigarette.
 
Les effets néfastes du cannabis apparaissent après plusieurs années de consommation. Le THC atteint particulièrement les tissus conjonctifs, les poumons, les organes sexuels et les neurones. 
 
Des dommages au système immunitaire .
 
Avec une augmentation de la dose, les consommateurs font l'objet d'hallucinations, de paranoïa et ont des réactions de panique. Les symptômes s'aggravent chez les personnes souffrant de problèmes psychiatriques et plus particulièrement de schizophrénie.
 
La production
La culture de la marijuana est florissante au Canada, surtout en Colombie-Britannique, au Québec, et en Ontario. Selon une étude commandée par la GRC, plus de 40 % des cas rapportés l'ont été en Colombie-Britannique, près de 30 % au Québec et 16 % en Ontario. Au total, au moins 800 tonnes par année, pour une valeur d'au moins 12 milliards de dollars. En fait, on en produit tellement, qu'on en importe presque plus et qu'on en exporte de plus en plus.
 
Au Québec, la majorité des plants de marijuana sont cultivés à l'extérieur, comme dans les champs de maïs.
 
 
Mais de plus en plus, on les fait pousser à l'intérieur, en serre organique dans la terre, ou hydroponique dans l'eau. Et en Colombie-Britannique, c'est dans les maisons que les trois quarts des plants sont cultivés. Cela donne un produit plus fort en THC, et surtout plus de marijuana. Dans un champ on fait une seule récolte, à l'automne. Alors que la culture à l'intérieur est beaucoup plus productive.
 
La distribution
 
Le crime organisé contrôle le réseau de distribution.
 
Les bandes de motards surtout, mais de plus en plus le crime organisé asiatique. Des criminels qui ont des ressources et de l'imagination pour déjouer, entre autres, les outils de détection à l'infrarouge de la police. Ils trouvent le moyen de camoufler la chaleur que dégage leur système d'éclairage artificiel.
 
La marijuana produite au Canada approvisionne les marchés locaux et régionaux. Mais une partie croissante de la production, surtout celle de la Colombie-Britannique, est exportée vers les États-Unis, où le « BC Bud » et le « Québec Gold », peuvent prendre beaucoup de valeur.
Si les réseaux de distribution et d'exportation sont aux mains du crime organisé, il y a aussi des Canadiens qui cultivent de la marijuana pour leur propre consommation.
 
 
Les commerces de matériel hydroponique se multiplient et on trouve des graines de cannabis de plus en plus facilement, même si leur vente est illégale. En Colombie-Britannique, celui qu'on surnomme le « Prince du pot » en vend toute une variété par Internet, commerce qui lui rapporte jusqu'à trois millions de dollars par année. Il s'approvisionne en Hollande et en Suisse, mais aussi aux États-Unis et au Canada    
                                     Marc Emery appears on CTV's Question Period last year.
                                   Marc Emery « Prince du pot »
 
 
 
 
Marc Emery,
 
renommé vendeur de graines et activiste pro-cannabis vancouvérois surnommé «Prince of Pot» En 1994, Emery abandonne sa librairie à London, en Ontario, pour devenir activiste pro-pot à temps plein.
 
Il déménage à Vancouver et y ouvre le magasin Hemp BC.
 
À l'époque, toute littérature faisant la promotion du cannabis était complètement illégale. Après quatre ans d’opération et maintes interventions policières, Hemp BC ferme boutique.
 
Emery se met alors à vendre des graines de cannabis par la poste, un service populaire et lucratif qui lui permet de verser des millions de dollars à différents organismes prônant la légalisation de la marijuana.
 
Visiblement irrité par le laxisme de la justice canadienne qui tolérait depuis tant d'années la vente de ces fameuses semences, le DEA États-Unien émet l'été dernier(2005) un mandat d’arrestation contre Emery qu'il qualifie comme le «plus important narcotrafiquant au Canada». Le prince du pot est arrêté à Halifax le 25 juillet 2005 par des agents de la police locale et de la GRC.
 
Aujourd’hui, l’auto-proclamé « Prince du pot » fait face à des accusations de trafic pour avoir vendu des millions de graines de marijuana aux États-Unis via son lieu d’affaire, à Vancouver ; des accusations qui pourraient lui valoir la prison à vie, s’il est reconnu coupable.
 
Emery opérait son commerce depuis plus de 10 ans, à la connaissance des autorités policières et acquittait ses taxes municipales, provinciales et fédérales sous la rubrique :
 
Commerce de graines de marijuana.
 
L’organisme fédéral gouvernemental
 
« Santé Canada »
 
comptait Marc Emery parmi ses fournisseurs accrédités de marijuana à des fins thérapeutiques.
 
Marc Emery est également le fondateur du Parti Marijuana de Colombie-Britannique.
 
 

Chanvre d'un herbier du seizième siècle
 
Le chanvre est, avec le pavot,
 
la plante la plus anciennement consommée par l'homme pour ses propriétés psychotropes. Il est originaire du versant indien ou chinois de l’Himalaya, et il est connu en Chine depuis au moins 6 000 ans. Ses fibres et ses graines étaient largement exploitées de même que ses propriétés psychotropes. Il faisait partie en Inde des cinq plantes magiques utilisées dans les rituels religieux et entrait sans doute dans la composition du soma. La ganja et le bhang continuent d’être utilisés chez les Hindous à des fins rituelles, notamment dans certains temples. Son usage s’est répandu très tôt dans le monde entier. Il était connu des Assyriens et des Scythes il y a trois mille ans. Ces derniers l’utilisaient en fumigations : ils jetaient la plante ou la résine sur des pierres chauffées après avoir étanchéifié le local et inhalaient la fumée.
 
En Égypte
 
on l’utilisait d’une manière comparable. La médecine grecque le reconnut comme hallucinogène. Massilia, l’actuelle Marseille, exportait dès le septième siècle avant notre ère des cordages de chanvre et la découverte de nombreuses pipes sur le site suggère son utilisation comme psychotrope à cette époque où le tabac était inconnu en Europe. Le nom de Cannebière qui a la même racine que cannabis rappelle l'importance de cette plante dans l’économie locale. 
Le chanvre était bien connu aussi des Arabes qui, à la fin du treizième siècle, disposaient de plus de cent termes différents pour le qualifier. Il était utilisé à la fois comme médicament et comme stupéfiant. L’histoire de la secte des Haschichins, ennemis des croisés qui tentèrent d’assassiner saint Louis, est bien connue mais sa relation avec l’étymologie du mot assassin reste controversée. 
 
En Europe,
                               
                                       Les fumeurs de haschich
 
son usage en tant que psychotrope est resté méconnu jusqu'au dix septième siècle sauf par Paracelse et Rabelais (qui décrivit au seizième siècle le « pantagruélion » dont les caractéristiques suggèrent qu’il s’agit du chanvre) alors que ses fibres étaient d'une importance stratégique (cordages). 

La connaissance de ses effets se répandit en Europe, en France, après la campagne napoléonienne d’Égypte, pays où il était largement consommé sous forme de haschich, et, en Angleterre, après la conquête des Indes. Un décret de Bonaparte du 8 octobre 1800 tenta de prohiber son commerce et son utilisation en Égypte mais il suscita néanmoins l’intérêt de scientifiques ayant accompagné Bonaparte dans ce pays comme Sylvestre de Sacy, Aubert Roche et Jacques Moreau de Tours. Ce dernier, psychiatre, l’étudia scientifiquement, le testa pour traiter ses malades et publia
 
Du Haschich et de l’Aliénation Mentale,
 
                                 
                                 L'ouvrage du docteur Moreau
                                          (publié en 1845)
 
...ouvrage qui devait avoir un grand retentissement.
 
Il fit connaître le haschich à Théophile Gauthier et à d’autres écrivains et artistes comme Charles Baudelaire, Alexandre Dumas, Gérard de Nerval, Delacroix etc. De leurs soirées naquit le club des haschichins réunissant à l’hôtel Pimodan l’intelligentsia de l’époque. Ils y expérimentèrent les effets du haschich sous forme de dawamesk. Les écrits de T. Gauthier comme le Club des Haschichins ou de C. Baudelaire comme Les Paradis artificiels populariseront ces expériences. 

Le chanvre et ses dérivés, comme les autres drogues traditionnelles (opium, coca), seront interdits en France par la première loi de prohibition concernant les psychotropes, votée le 12 juillet 1916 qui n’empêchera pourtant pas la régie française des tabacs de vendre officiellement un mélange de kif  et de tabac en Afrique du nord et la France de produire du chandou en Indochine à travers une Régie de l'opium jusque dans les années 50. 

En Grande-Bretagne, vers 1840, O’Shaugnessy, un médecin irlandais ayant travaillé aux Indes comme médecin de la Compagnie des Indes orientales, étudia expérimentalement les propriétés du chanvre et introduisit son usage en médecine. On en fit dès lors des médicaments contre les douleurs, l’asthme, les migraines etc. Ces médicaments se répandirent rapidement aussi aux États-Unis.

Le gouvernement britannique, confronté à une consommation importante de chanvre en Inde, prit l’initiative de mettre en place une commission chargée d’une étude exhaustive sur cette plante (Indian Hemp Drugs Commission). La commission rendit en 1894 un rapport de 7 500 pages comportant sept volumes, probablement l’étude la plus approfondie qui ait jamais été faite sur la question.
 
Le rapport concluait à l’absence de nocivité du chanvre. En 1916 pourtant, comme la France, la Grande-Bretagne adoptera une législation prohibitionniste s’étendant à toutes les drogues. 

Aujourd'hui, divers groupes de pression luttent pour la libéralisation de l'usage du chanvre sous une forme ou sous une autre. Certains groupes militent pour la légalisation de l'utilisation médicale (Cannabis buyer's club aux USA), d'autres pour une dépénalisation voire une légalisation (Mouvement pour la Libéralisation Contrôlée, Collectif d'Information et de Recherche Cannabique en France). Dans la plupart des pays européens il existe aujourd'hui une dépénalisation de fait ou de droit du simple usage mais le chanvre reste inscrit sur la liste internationale des stupéfiants sans utilisation médicale. En France, où le simple usage est un délit, des circulaires aux procureurs préconisent cependant de ne pas poursuivre les simples usagers.
 
En Amérique,
 
                                    
 
si le chanvre était cultivé pour ses fibres dès le dix neuvième siècle, l’habitude de le fumer a probablement été importée d’Afrique au Brésil par les esclaves. Le chanvre est en effet présent depuis longtemps en Afrique où Livingstone l’avait rencontré sous une forme sauvage au Congo lors de ses explorations. Du Brésil, il gagna ensuite le Mexique puis les États-Unis. Les travailleurs mexicains qui, au début du siècle, traversaient la frontière vers les USA l’introduisirent au Texas. Dès 1937, le chanvre appelé par son nom mexicain marijuana, fut interdit aux États-Unis par le Marijuana Tax Act après d'hystériques campagnes de presse. Autorisée de nouveau pendant la guerre pour fournir des fibres, sa culture sera de nouveau interdite après guerre. 

Aujourd'hui, l'Amérique du Nord est un des principaux producteurs clandestins de cannabis avec notamment de vastes surfaces cultivées aux USA et la mise au point au Canada de variétés hybrides sélectionnées particulièrement riches en thc souvent cultivées en intérieur.
              
                                Plants de chanvre hybride à teneur élevée en THC

Pour exploiter leurs propriétés psychotropes, les sommités fleuries des plants de chanvre sont préparées traditionnellement de deux façons différentes selon les régions. 

Les plantes, plus particulièrement les sommités fleuries, récoltées directement et séchées donnent la marijuana qui est connue sous des noms variés selon les pays et dont la présentation et le mode de consommation dépendent des coutumes locales. 
 
On peut également récolter la résine sécrétée par les poils glandulaires pour préparer le haschich. 
 
Plus récemment a été mise au point une technique utilisant des solvants qui permet d’isoler une huile de cannabis dont le contenu en principes actifs est beaucoup plus élevé. 
 
  • Haschich
    Il existe deux méthodes traditionnelles de préparation artisanale du hachisch tandis que le hachisch destiné à l’exportation est préparé industriellement.
    Au Proche et au Moyen-Orient, les plants de chanvre récoltés au moment de leur floraison sont battus sur un drap tendu sur un récipient large. Les poils sécréteurs microscopiques qui se détachent des sommités fleuries passent à travers le tamis constitué par le drap et constituent une poudre improprement appelée pollen puisque le véritable pollen des fleurs est constitué par les éléments mâles responsables de la fécondation chez les plantes à fleur. Selon la force appliquée pour battre les plants, la poudre obtenue est de qualité variable. Lorsque les plants sont simplement frottés sur le drap, on obtient une poudre constituée presque exclusivement des poils sécréteurs. C’est la meilleure qualité de haschich dont la teneur en THC, le principe actif du cannabis, dépasse couramment 20 %.
    Si les plants sont battus plus violemment, on recueille davantage de poudre mais elle contient une proportion moindre de poils sécréteurs et est donc moins riche en principe actif. 
    Enfin, si les plants sont battus à l’aide d’une baguette, divers débris s’y ajoutent encore ce qui aboutit à une poudre encore moins riche. En général, dans les zones de production, un premier passage est réalisé en secouant simplement les sommités fleuries sur la toile. La poudre obtenue en quantité faible par rapport au poids de plantes utilisé (on récupère alors environ 1 % du poids initial des plantes) est réservée à la consommation locale. Le hachisch destiné à l’exportation est fait avec une poudre résultant d’un battage intensif des plantes entières, voire broyées, beaucoup plus rentable en terme de poids. C’est la raison pour laquelle la plupart des hachisch disponibles sur le marché clandestin en Europe sont de basse qualité. 
    En Inde et au Népal, la méthode de récolte traditionnelle est différente. Les sommités fleuries sont frottées entre les paumes des mains et la résine se dépose sur la peau. En frottant les mains l’une contre l’autre, la résine forme de petites boules qui sont ensuite agglomérées entre elles. 
    La poudre obtenue par tamisage n'est pas destinée à être consommée directement. Elle nécessite une préparation, le pressage. Lorsqu’il s’agit de préparation artisanale, le pressage est le plus souvent réalisé à la main. Une dizaine de grammes de poudre sont réunis dans le creux de la main, quelques gouttes d’eau y sont ajoutés, puis l’ensemble est longuement malaxé et chauffé de temps à autre. La poudre constitue alors une masse brune, plastique qui s'agglomère et devient de plus en plus homogène.
    Divers types de pipes sont utilisées traditionnellement pour fumer le haschich mélangé ou non à du tabac.
  •  
              
               Pipes (Iran et Birmanie)
                   
      
    Habel-babel                           Shiloms 
    (Afghanistan)                        (Inde)                                                             
    Dans la production industrielle, le pressage est réalisé avec des presses mécaniques. La poudre est enfermée dans des sacs de cellophane ou de tissu comme au Maroc ou au Pakistan et les sacs sont empilés sous une presse. Les plaques obtenues dont la masse va de deux cents grammes à un demi kilo reçoivent souvent une marque de fabrique imprimée en creux, directement sur la résine. En France, ces plaques ont reçu le nom de savonnettes. Bien souvent, la concentration en poils sécréteurs étant insuffisante, il est ajouté à la poudre diverses substances comme des corps gras permettant de lui donner un liant suffisant pour permettre le pressage.
     
    On a identifié dans la résine de chanvre 426 composés chimiques différents dont une soixantaine de substances liposolubles dérivées du terpène, les cannabinoïdes.
     
    Contrairement aux substances psychotropes extraites des autres plantes, il ne s’agit pas d’alcaloïdes car les cannabinoïdes ne sont pas alcalins et ne contiennent pas d’azote.
     
    Il s’agit d’une famille particulière de composés chimiques à laquelle appartiennent aussi de nombreuses substances non psychotropes produites par diverses essences végétales. 
     
    Parmi les cannabinoïdes du chanvre, deux seulement sont psychoactifs, le delta 9- tétrahydrocannabinol ou THC, présent dans toutes les variétés, et la tétrahydrocanabivérine présente semble-t-il seulement dans quelques variétés.
     
    Le chanvre sauvage contient de 1 à 7 % de THC, mais les cultivateurs hollandais et californiens produisent couramment des variétés obtenues par hybridation et sélection qui en contiennent jusqu'à plus de 10 % (skunk, sinsemilla). Le haschich contient de 5 à 40 % de THC.

    Publié dans yahp

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