ALL COOL ???(alcohol...?)

Publié le par Mr Yahp

 
Les consommations d'alcool remontent à l'Antiquité. Rituelles, sacrées, conviviales ou festives.
 
L'alcool est aussi utilisé comme remède :
 
c'est le seul anesthésique utilisé pendant les campagnes napoléoniennes,
 
(aux États-Unis, pendant la prohibition, seuls les médecins pouvaient en prescrire).
 
Au XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, apparaît la notion d'alcoolisme.
 
Dans la plupart des pays occidentaux, à des époques variables selon les contextes économiques, politiques et religieux, l' « ivrognerie » de quelques-uns cède la place à l'alcoolisme de masse.
 
En 1871 apparaissent à l'école les premières mesures de prévention.
 
Après la Première Guerre mondiale, le discours évolue :
 
on préconise dès le plus jeune âge l'usage modéré de boissons fermentées, tout en déconseillant les boissons distillées.
 
En surproduction dans les années 1920, le vin est d'autant plus toléré.
 
Après la Seconde Guerre mondiale, on glorifie la sobriété.
 
Des lois interdisent le vin dans les cantines, la publicité et la vente d'alcool dans les stades et instituent le principe des boissons pilotes (la limonade, le lait...) proposées à bas prix dans les cafés.
 
 À partir de 1968, les pouvoirs publics prennent conscience que l'alcoolisme est la conséquence du malaise de certains dans une situation à problèmes et recentrent leur message de prévention sur les risques immédiats de la consommation excessive d'alcool.
 
Aujourd'hui, la consommation excessive d'alcool et l'alcoolisme frappent de nombreux pays en voie de développement.
 Puce violette ALCOOL :
 
Terme utilisé pour désigner l'alcool éthylique ou éthanol (C2 H5 OH)
 
Puce violette ORIGINE :
 
Fermentation alcoolique: transformation en éthanol des sucres contenus dans les fruits, le miel, les céréales, les tubercules, sous l'influence des levures.
 
Puce violette ETHYMOLOGIE :
 
De l'arabe ALKOHOL - poudre impalpable, poussière - puis poudre d'antimoine utilisée comme fard à paupières. Symbole de subtilité, masque, illusion, tromperie, mensonge.

 
  
Si une personne a un parent biologique qui souffre d’alcoolisme, cette personne court un plus grand risque. Les enfants peuvent aussi apprendre les habitudes de forte consommation de leurs parents.
 
Les personnes dans les cultures ou les groupes sociaux où la forte consommation est acceptée ( les personnes qui travaillent dans les bars) courent un risque accru. Dans un même ordre d’idées, les attitudes et les croyances des personnes sont aussi importantes.
 
Cependant, il est encore très difficile de prédire de façon précise qui succombera à l’abus de l’alcool ou à l’alcoolisme.
         
  
                   Un syndrome
            qui coûte cher
 
                               foetus
 
Le syndrome d'alcoolisme foetal est encore relativement peu connu. Pourtant, il coûte très cher aux contribuables canadiens, les retombées de ce syndrome coûtent annuellement plus de 4 milliards de dollars aux Canadiens.
 
On soupçonne depuis des siècles une corrélation entre la consommation d'alcool par la mère et des résultats défavorables de la grossesse, mais ce n'est qu'en 1973 que l'expression syndrome d'alcoolisme foetal (SAF) est apparue dans la littérature médicale.
 
Depuis lors, des centaines d'études ont documenté les effets de la consommation d'alcool par la mère au cours de la grossesse sur le foetus,l'enfant atteint et les effets de la consommation d'alcool par les femmes enceintes.
 
Dans les cas les plus graves, le syndrome peut être détecté sur les traits du visage du bébé, ce qui est toutefois assez rare.
 
Le syndrome d'alcoolisme foetal est causé par un abus d'alcool durant la grossesse. Les enfants qui en sont atteints souffrent de problèmes cognitifs et comportementaux graves.
 
La plupart ne peuvent d'ailleurs pas mener une vie indépendante.
 
Plusieurs auront des problèmes avec la loi et beaucoup se retrouveront en prison.
Tout le monde n'en est pas convaincu, mais l'alcoolisme - "la dépendance à l'alcool" - est une maladie,  une forme d'allergie physique doublée d'une obsession mentale.
 
Le concept de maladie, une fois compris et accepté, permet de commencer à réaliser qu'une personne qui abuse ou fait mauvais usage d'une drogue ne le fait pas nécessairement délibérément, mais peut-être  parce qu'elle est malade.
 
Ce concept ne faisant pas l'unanimité chez les scientifiques, ne vous en faites pas si vous préférez croire à une certaine faiblesse de caractère ou à une déficience de la volonté.
 
Vous ne seriez pas les seuls à en douter. D'ailleurs, plusieurs médecins  refusent d'admettre ces notions de maladie, et, sans aucune mauvaise intention de leur part,  risquent d'augmenter la dépendance physique et/ou psychologique en prescrivant des médicaments contre-indiqués à de tels patients.
 
Une maladie est une condition qui se décrit dans une population. La multiplication des centres de thérapie pour alcooliques et toxicomanes en est une preuve socialement concluante. La symptomatologie, ou la liste des caractéristiques de la maladie, est disponible, et nous permet de reconnaître sa présence et ses effets.
 
Un des symptômes de l'alcoolisme est de boire par compulsion. Cette "obligation" de consommer est inadéquate, imprévisible, excessive et constante.
 
Le comportement de l'alcoolique se promène entre deux extrêmes qui déroutent ceux qui l'entourent. Le dépendant n'est pas conscient de cette compulsion, de cette obligation dite "obsessionnelle"qui est  présente dans son esprit.
 
La dépendance alcoolique est une maladie universelle. Elle existe dans tous les pays du monde, dans toutes les races, sous tous les climats. Cependant, malgré toutes les recherches présentes et passées, rien n'explique pourquoi certaines personnes peuvent être victimes de l'alcool tandis que d'autres ne rencontrent jamais de difficultés...
 
L'alcool ne fait pas partie des produits indispensables; il est normalement superflu. Bien qu'il ne soit pas vital pour l'homme, il est devenu, dans les esprits, un aliment à part entière . Chacun sait que l'humain a besoin d'aliments solides et d'aliments liquides. Les premiers sont la viande, les légumes, les fruits, etc. Les seconds apportent l'eau nécessaire: jus de fruits, lait, vin, bière, cidre, toutes les eaux minérales... Voici comment cela fonctionne: Lorsque le corps a besoin d'aliments solides, l'esprit reçoit un message qui s'appelle la faim. Lorsque le corps a besoin d'aliments liquides, l'esprit reçoit un message qui s'appelle la soif. Nous connaissons tous ces deux signaux. Lorsque le signal de faim se manifeste on pense de plus en plus à manger. Mais ces deux signaux de faim et soif ont leurs contraires peut-être plus importants pour notre santé. On les appelle "signaux de satiété". Ils coupent la faim ou l'appétit au bon moment ; au-delà, manger devient moins intéressant, et pénible quand un repas forcé se prolonge. Ces contraires - appelés aussi "arrêts instinctifs" - sont très importants pour notre bonne santé : ils ajustent la prise d'aliments, ou de boissons, à la quantité voulue pour les besoins du corps. Ils évitent de graves maladies par surcharge. Nous mangeons près d'une tonne d'aliments par année. Ce poids demeure identique quelles que soient les fantaisies passagères ou les variations selon les saisons, les activités physiques, etc.. Un petit dérèglement, en avance ou en retard, dans l'apparition des signaux dont on parle, entraînera maigreur ou obésité. Pour l'eau la précision est très grande et chaque prise de boisson est rigoureusement programmée par le corps ; l'arrêt instinctif est impératif : le déplaisir remplace vite le plaisir d'étancher sa soif. Ces choses, que vous avez reconnues, se passent ainsi pour tous les aliments et boissons sauf pour certains :
 
- lechocolat : pour presque tout le monde, le chocolat ne fait pas apparaître les signaux de satiété mais au contraire augmente l'envie au fur et à mesure que l'on en mange ; c'est ce qui en fait une friandise appréciée, même après les repas copieux ; - l'alcool entraîne la même réaction, mais pas chez tout le monde ; pour 8 à 11% des personnes, celles qui vont tout à la fois l'apprécier, le rechercher et en pâtir : les alcoolo-dépendants. L'alcool est un aliment qui se boit.  Il empêche, chez vous, l'apparition du signal de satiété et, pire encore, rend le besoin plus vif.  Cette réaction, qui n'existe pas chez tout le monde,  Et constitue tout le danger de la maladie puisqu'elle va en sens contraire des lois biologiques, donc de la vie.  Elle oblige à ingérer des doses forcément toxiques puisque la régulation naturelle ne vient jamais la limiter,  comme il en est pour les autres substances  - (sauf le chocolat). L'alcool, pour vous, fonctionne à l'envers des autres aliments.  Etant hospitalisés on ne vous a pas donné d'alcool, et vous en avez de moins en moins envie à mesure que votre corps s'en débarrassait. Alors que, sans manger, vous auriez eu de plus en plus faim...    l’alcoolisme? 
La plupart d’entre nous consommons de l’alcool.
 
Une enquête exhaustive a révélé qu’environ 75 % des Canadiens avaient consommé de l’alcool au cours de l’année précédente, 25 % de ces personnes dépassaient les lignes directrices de consommation à faible risque et environ 6 % avaient une forte consommation chaque semaine
 
- (au moins cinq verres par occasion).
 
De nombreuses personnes qui consomment de l’alcool de façon excessive ont à faire face à des problèmes occasionnels dans leur vie sur le plan social ou de la famille, juridique, de la santé ou financiers qui sont engendrés par la consommation d’alcool.
 
Certaines personnes sont aux prises avec tellement de problèmes causés par l’abus d’alcool qu’on peut considérer qu’elles sont alcooliques.
 
L’abus d’alcool se produit lorsqu’il y a des conséquences négatives continues découlant de la consommation de boisson.
 
L’alcoolisme est plus grave et survient quand les personnes ont des problèmes à cesser de consommer. Environ 20 % des hommes et 8 % des femmes sont alcooliques.
 
 
 
       SYMPTÔMES DES TROUBLES ALCOOLIQUES
                       Abus d’alcool
                (moins sévère)
 
La consommation d’alcool fait obstacle aux responsabilités (au travail, à la maison ou à l’école)   Des habitudes de consommation d’alcool dangereuses (en conduisant une voiture ou en manœuvrant une machine)         
La consommation d’alcool entraîne des problèmes judiciaires (arrestations à la suite d’une conduite désordonnée) La consommation d’alcool continue malgré les effets négatifs sur les relations.
              
 
                Alcoolisme
                    (plus sévère)
Accoutumance à l’alcool (besoin d’une quantité de plus en plus grande d’alcool pour en arriver à l’effet recherché) Symptômes d’abstinence lorsque la consommation  régulière est arrêtée ou réduite ( transpiration, insomnie, nausée)   Consommation plus grande ou pendant plus longtemps que voulu   Difficulté à limiter la consommation ou à cesser de boire   Beaucoup de temps passé à obtenir  ou à consommer de l’alcool ou à récupérer   Des activités autrefois valorisées / importantes sont laissées de côté ou réduites à cause de la consommation d’alcool La consommation d’alcool continue même si  on sait que la consommation cause des problèmes  physiques ou émotifs

 

Antiquité

Nous sommes vraisemblablement dans le domaine de la parfumerie.

 

considérés par les archéologues comme des alambics primitifs, ont été trouvés dans le nord de l'Irak

 

(Tepe Gawra, Mésopotamie).


Ils sont datés de - 3500 ans.

Il semble que ces techniques de distillation aient été également connues en Inde au 3e millénaire avant J.C.

                                            alambic de Tepe Gawra (Irak)

On a trouvé, dans les fouilles de Kéos, - 16e siècle (Crète), une tablette représentant un vase, posé sur un feu et surmonté d'un couvercle en cône, qui pourrait également être un alambic primitif. Le mot grec ambikos, désignant un vase cylindro-tronconique, est à l'origine du mot arabe alambic.

Aristote (philosophe grec, - 384 à - 322) a décrit le premier le principe de la distillation de l'eau de mer et du vin.

Dans la ville d'Alexandrie (Egypte), dans les premiers siècles avant et après J.C., on trouve une importante corporation de parfumeurs, possédant des alambics (ambikos) pour distiller des élixirs, des alcools, des essences florales. Ces anonymes seraient à l'origine de la chimie et de l'alchimie. Un manuscrit du 4e siècle, écrit par un alchimiste alexandrin Zosime de Panopolis, présenterait une illustration d'un alambic.

Une légende attribue à St Patrick, moine irlandais, un passage en Egypte vers 420 et l'importation de l'alambic en Irlande. Il serait ainsi à l'origine de la fabrication du whisky irlandais (uisce beatha, eau bénite) !

- Moyen Age
Les arabes, arrivant à Alexandrie en 640, découvrent ces techniques et les font circuler peu à peu dans tout le bassin méditerranéen.

Marcus Grachus, dit Marco Graco, un italien du 8e siècle, décrit la distillation du vin pour obtenir des eaux de vie, comme Geber (alchimiste arabe, 730 à 804), à la même époque.

Abu Bakr al Razi, dit Rhazès (médecin perse, 864 à 925), est le premier à décrire scientifiquement le principe de la distillation alcoolique, les appareils de laboratoire nécessaires, ainsi que la fabrication de l'eau de vie.

Avicenne (médecin perse, 980 à 1037) améliore l'alambic en inventant le serpentin.

L'alambic et l'eau de vie arrivent en Andalousie, puis se diffusent en Europe. Il semblerait que les abbayes irlandaises distillaient déjà l'eau bénite (uisce beatha) en 1170 quand les soldats d'Henri II d'Angleterre envahirent l'Irlande. Les alambics irlandais auraient déjà été taxés en 1276 par les anglais, d'après Maguelonne Toussaint-Samat (Histoire naturelle et morale de la nourriture).

Jean de Meun, dans la deuxième partie du Roman de la Rose écrite vers 1270, dit : je vois maintes fois que tu plores cum alambic sus alutel.

Arnau de Vilanova, dit Arnaud de Villeneuve (médecin catalan de l'université de Montpellier, mort en 1311) décrit (Tractatum de vinis) et fabrique l'aqua ardens (eau ardente : macération de plantes et d'alcool). Il est le premier à pratiquer le mutage à l'alcool (procédé arabe semble-t-il) pour améliorer la conservation du vin. Les templiers du Mas Deu de Perpignan généralisent ensuite le procédé. D'où le développement de vins doux naturels dans la région.

Maître Vital Dufour, prieur franciscain d'Eauze et de St Mont dans le Gers, puis cardinal, a fait des études de médecine à Montpellier vers 1295. Il écrit, vers 1310, un ouvrage de médecine, retrouvé à la bibliothèque du Vatican, dans lequel il parle des 40 vertus de l'aygo ardento ou aygo de bito, qui serait l'ancêtre de l'Armagnac.

Quelques vertus de l'eau ardente :


Elle cuit un oeuf, les viandes cuites ou crues, elle les conserve..., si on y met des herbes, elle en extrait les vertus... Elle aiguise l'esprit si on en prend avec modération, rappelle à la mémoire le passé, rend l'homme joyeux au dessus de tout, conserve la jeunesse et retarde la sénilité...Elle fait disparaître les rougeurs de la gorge si on se gargarise fréquemment... Et si on la retient dans la bouche, elle délie la langue, donne de l'audace, si quelqu'un de timide de temps en temps en boit...

Traduction abbé Loubès in dossier de presse du Bureau National Interprofessionnel de l'Armagnac.

L'eau ardente est utilisée en cuisine assez tardivement (à partir du 16e siècle), mais l'une des premières mentions date de 1390, dans le Forme of Cury. La recette d'entremets appelée "chastlet" (un pâté en forme de château) se termine par les mots suivants : Serve it forth with ew ardant, Servez avec de l'eau ardente.

Faut-il arroser le pâté d'alcool, comme on le ferait d'eau de rose ? Faut-il flamber l'alcool comme s'il y avait un canon qui crache le feu ? Faut-il boire de l'eau ardente en accompagnement du pâté ? Il n'est pas toujours facile d'interpréter correctement une recette médiévale.

Quelques origines linguistiques :

alambic : 1265, vient de l'espagnol alambico, qui vient de l'arabe al inbiq = vase à distiller, qui vient du grec ambix.

élixir : 1265, de l'arabe al iksir = la pierre philosophale et le médicament, emprunté au grec, Kseron = médicament.

eau de vie : 14e siècle, traduction du latin des alchimistes aqua vitae.

alcool : 16e siècle, vient de al koh'l = nom arabe du sulfure d'antimoine.

 

A partir du 15e siècle

Nous sommes dans le domaine des alcools de consommation.

                                       liqueur d Eyguebelle

                                         Liqueur d'Eyguebelle

 

Les alambics et la commercialisation des alcools hors du domaine médical se développent à partir du15e siècle :

 

il y a des preuves de la commercialisation de l'aygardent, l'eau qui brûle (Armagnac), entre 1411 et 1441 en Gascogne.

L'essor commercial débute véritablement au17e siècle

 

(Cognac et Armagnac en France, Whisky en Grande Bretagne, Vodka en Pologne puis en Russie).

                                  alambic en Armagnac

                                        Alambic de l'Armagnac

 


Origine de la Bénédictine :

 

1510, Dom Bernardo Vinalli, Fécamp.

Origine de la Chartreuse :

 

formule donnée en 1605 par le maréchal d'Estrée aux moines de la Chartreuse de Vauvert et transmise à la Grande Chartreuse en 1737.

Origine de l'absinthe :

 

1789, par le Dr Ordinaire. Recette rachetée par HL Pernod en 1797.

Le pastis Ricard a été créé en 1932.

 

Pour comprendre, retraçons très rapidement les principaux jalons historiques. La lutte contre l'alcoolisme. Sans remonter à monseigneur de Laval qui voyait dans l'ivrognerie un des obstacles majeurs au projet de l'établissement en Nouvelle-France d'une société religieuse idéale, rappelons trois grands moments de cette lutte.

 

D'abord la grande croisade de tempérance de 1840 à 1855. Sous l'égide de la croix noire de la tempérance et la conduite de grands prédicateurs, tels Charles Chiniquy, monseigneur Forbin-Janson, le grand vicaire Alexis Mailloux, monseigneur Ignace Bourget, le curé Édouard Quertier, pour ne nommer que les principaux, elle constitua une première structuration de l'action antialcoolique au Canada français.

 

L'objectif était de lutter contre « le mal capital de ce pays », qui menaçait la religion.

 

Le remède proposé était lui aussi religieux, à savoir l'établissement de sociétés de tempérance qui seules pourraient faire régner

 

« l'inestimable vertu de tempérance ».

 

Après le déclin rapide de cette première « croisade de tempérance » au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, on vit ressurgir la lutte au début du XXe siècle (1905-1920),

 

toujours essentiellement d'inspiration religieuse, mais qui cette fois se termina par une mesure légale votée par le gouvernement Gouin en 1919 :

 

la prohibition générale.

 

Enfin, le mouvement Lacordaire prit la relève vers le début des années 40 et fut le dernier grand mouvement religieux de lutte contre l'alcoolisme et l'alcool.

 

Comme dans les mouvements précédents, les membres y faisaient une promesse d'abstinence totale et s'engageaient dans une lutte à finir contre l'ennemi : l'alcool.

 

Cependant, par rapport aux périodes antérieures, des éléments nouveaux apparurent :

 

l'établissement par le mouvement Lacordaire en 1956 de la première clinique de traitement pour alcooliques

 

- (clinique Domrémy)

 

- et en 1958 de l'Institut d'étude sur l'alcoolisme.

 

Ce furent en quelque sorte les premières interventions autres que religieuses face au problème de l'alcoolisme.

 

L’existence des boissons fermentées

 

– jus de raisins, de pommes –

 

remontent très loin ;

 

l’homme paléolithique ou homme des cavernes, ne connaît pas encore l’agriculture organisée.

 

Ce n’est qu’à partir du néolithique que l’homme préhistorique cultive ses terres, découvre la germination et la fermentation.

 

Les découvertes archéologiques attestent la connaissance et l’usage des boissons fabriquées à partir des céréales fermentées.

 

En Reggio Emilia, sur les bords de Pô, au Danemark, en Anatolie, on a découvert dans les tombes des récipients contenant des restes de boissons alcoolisées

 

– bière, du meth (hydromel).

 

Dans la Bible, on découvre le passage suivant :

 

Noé planta la vigne et connut l’ivresse ".

 

Pour les hommes préhistoriques ces breuvages sont d’ordre divin. Le vin et son ivresse sacrée permettent une alliance avec la divinité et confèrent l’immortalité.

 

A l’occasion des fêtes religieuses, les prêtres et les chefs consomment le vin de façon rituel.

 

La célèbre potion magique des druides, consommée avant les grands combats, le vin décrit dans les Balkans comme le pouvoir et la virilité de l’ours.

 

De nos jours les peuplades " sauvages " d’Afrique ou d’Amérique Latine, gardent encore dans leurs coutumes l’usage initiatique et rituel du vin.

 

Chez les Sumériens, la bière d’orge est d’un usage courant. A Babylone on fabriquait déjà 16 sortes de bières différentes. La place des brasseurs était si importante, que c’est la seule catégorie sociale exemptée de service militaire, mais aussi les seules laïques acceptées pendant les fêtes des rois.

 

Chez les Egyptiens, on fabriquait et consommait de nombreuses boissons alcoolisées : bière d’orge, vin de dattes et le vin de raisins. Dans la mythologie égyptienne on trouve de nombreuses utilisations du vin – rituel, repas funéraires, festivités. Les Egyptiens, connaissent ses propriétés antiseptiques et, lorsqu'ils sont en territoire ennemi, ajoutent leur propre vin à l'eau locale pour éviter d'être contaminés.

 

Chez les hébreux  " le vin réjouit Dieu lui-même ". On trouve plus de 500 citations du vin dans la Bible. Pourtant, on constate déjà une condamnation de l’ivresse, car elle rend insensé et fait transgresser les lois :

 

 " Le vin est moqueur, les boissons fermentées tumultueuses ; quiconque s’adonne n’est pas un sage ".

 

Chez les chrétiens, le vin est porté au rang divin le plus haut ; Jésus dit aux apôtres, en levant sa coupe de vin : 

 

Ceci est mon sang ".

 

Ceci explique l’importance du vin dans la religion chrétienne et le rôle important joué par les prêtres dans le développement de la viticulture.

 

Chez les indo-européens, l’alcool est produit à partir du soma, une sorte d’hydromel avec du lait, du malt et d’autres plantes.Le soma stimule la pensée, revigore et augmente le courage des guerriers, augmente la vigueur sexuelle, mais le plus important, on lui reconnaît des fortes vertus thérapeutiques.

 

L'alcool consommé modérément est reconnu depuis l'Antiquité pour ses vertus curatives. En usage externe, ses propriétés antiseptiques et antipyrétiques sont déjà exploitées par Hippocrate qui attribue à ce produit des effets purgatifs et diurétiques. Une brève analyse de la littérature et de la mythologie, nous prouvent l’importance et le rôle du vin dans la vie sociale des grecs.

 

Dans l’Iliade et l’Odyssée, œuvres majeures de la littérature grecque, le vin est pourvu de pouvoirs initiatiques, la mythologie étant marquée par le culte du dieu de la vigne et du vin.

 

Mais les méfaits de l’alcool commence à se faire sentir et la mythologie en fait part. Ainsi les compagnons d’Ulysse seront transformés en porcs après une orgie. Les médecins grecques décriront la cirrhose hépatique et ses complications.

 

Chez les romains, le culte grecque du dieu Dionysos est vite intégré ; son homologue romain, Bacchus entraîne autour de lui les mêmes phénomènes de fêtes, libations, orgies. Le célèbre médecin romain Galien reconnut que

 

 " le vin pris avec modération est avantageux, sinon il est mauvais ".

 

Les romains vont étendre le commerce du vin en Gaule et dans les provinces germaniques.

 

Dans les contrées lointaines, l’essor de la vigne est ralenti par les interdictions religieuses – Bouddha ou Mahomet.

 

Toutefois on doit souligner l’universalité de l’utilisation des boissons alcoolisées.

 

Les boissons sont sacralisées et porteuses des vertus symboliques

 

– puissance, force, vitalité, courage, purification…

 

L’aspect social est aussi très important : on ne boit pas seul, les prêtres boivent pour pouvoir communiquer avec les entités suprêmes, pendant les grandes fêtes les hommes affirment leur virilité et leur statut social.

 

Pendant le Moyen Age, le vin est surtout réservé aux classes sociales élevées ; le peuple boit de la bière

 

– la cervoise –

 

fabriquée dans des brasseries monacales. On sert la bière dès le petit déjeuner. Quant aux vignes se sont surtout les abbayes et les monastères qui surveillent la production du vin.

 

Le vin est réservé à la messe

 

(c’est le sang du Christ),

 

et au four et à mesure le vin devient un produit très convivial – le vin d’honneur qu’on offrait aux hôtes de passages.

Plus récemment, à la fin du XVlllème siècle et dans la première moitié du XlXème siècle, les pères fondateurs des théories modernes sur l'alcoolisme

 

 – Rush, Trotter et Huss –

 

décrivent avec force détails les effets néfastes de l'alcool sur la santé. Mais l'alcool continue d'être perçu comme bénéfique dans certaines circonstances.

 

Au XIXème siècle, lorsque l'on soupçonne l'eau d'être à l'origine du choléra, l'ajout de vin est fortement recommandé pour purifier l'eau de consommation.

 

Puce violettePROPRIETES PHYSIQUES :

 

Liquide - incolore - saveur brûlante - miscible dans l'eau - inflammable - volatil - évaporation à 78 °C - densité inférieure à l'eau (0,80).

 

Puce violette PROPRIETES TOXIQUES :

  • Toxique cellulaire - expose l'organisme à des atteintes de tous les systèmes, notamment : hépatique, nerveux et cardio-vasculaire.
  • Perturbe les métabolismes fondamentaux.
  • Facteur de risque important dans l'apparition des cancers. Associé avec le tabac : risques aggravés.
  • Absorbé rapidement en grande quantité : risque de coma éthylique, voire de mort.

    En matière de consommation d'alcool, compte tenu des sensibilités différentes (inégalité des consommateurs face aux effets), il n'est pas possible de donner un seuil de sécurité quantitatif (pas de dose journalière sans risque). Il est nécessaire de parler de "facteur de risque", plus que d'abus ou d'excès.

Puce violette PROPRIETES PSYCHOTROPES :

 

Modification de l'état mental, action sur le psychisme. L'alcool peut agir comme :

  • Désinhibiteur : lève les inhibitions, les contrôles. Euphorisant
  • Excitant
  • Dépresseur ou antidépresseur
  • Anesthésiant

Le(s) effet(s) ressenti(s) seront différent(s)

  • Selon les consommateurs.
  • En fonction des circonstances, du contexte socio-relationnel.
  • En fonction des doses absorbées et du degré des boissons.
  • En fonction des effets attendus etc...

Puce violette PROPRIETES ADDICTIVES

= Susceptibles d'engendrer une dépendance

 

L'alcool est une drogue c'est à dire une substance capable de modifier l'état de conscience - (Dictionnaire Larousse)
C'est une drogue légale commune, accessible, de faible coût dont la consommation est encouragée et valorisée socialement.
Comme toute drogue, sa consommation régulière peut entraîner :

  • Une tolérance : nécessité après une période variable, d'augmenter les doses pour retrouver l'effet(s) psychotrope(s).
  • Une dépendance : impossibilité de s'abstenir de consommer. La suppression de la consommation amène un malaise, une souffrance psychologique et/ou des troubles physiques (syndrome de manque).

Puce violette AUTRES PROPRIETES :

  • L'apport calorique de l'alcool : en moyenne 1 gramme d'alcool = 7 Kcal. Variable suivant l'habitude de consommation, Ce sont des calories dites vides c'est à dire qui ne servent pas l'activité musculaire.
  • Diurétique - fait uriner davantage, entraîne un déséquilibre hydrique et donc la soif.
  • Vasodilatateur : dilate les vaisseaux sanguins.

Les effets bénéfiques de l'alcool...

 

Les recherches scientifiques et les études disponibles démontrent que, pour la plupart des gens, une consommation régulière et modérée d'alcool – un ou deux verres par jour – apporte une protection contre les maladies cardio-vasculaires.

 

À partir d'un certain âge

 

Les études démontrent que l'effet protecteur de l'alcool ne se fait pas sentir auprès des plus jeunes. Il augmente avec l'âge et avec l'accroissement des risques de maladies coronariennes. Pour les hommes, il s'accroît à partir de la quarantaine; pour les femmes, à partir de la ménopause. C'est auprès des personnes âgées de 60 ans et plus que les effets protecteurs de l'alcool sont les plus évidents.

 

Une consommation régulière

 

Les effets bénéfiques de l'alcool ne se manifestent que dans les cas de consommation régulière. Elle doit être répartie à peu près également tous les jours. La consommation en grande quantité en moins d'occasions annule les effets bénéfiques. Prendre deux verres par jour durant sept jours et prendre sept verres par jour durant deux jours n'est absolument pas la même chose.

 

Une consommation modérée

 

Boire un verre ou deux par jour, c'est bien. Mais boire deux fois plus, ce n'est pas deux fois meilleur pour la santé. Les effets bénéfiques de l'alcool ne se font sentir que lorsque la consommation est modérée et qu'elle se limite à 11 consommations hebdomadaires pour les femmes et 17 pour les hommes. Au delà de ce seuil, les effets bénéfiques disparaissent.

Pour tous les produits

 

Les effets bénéfiques de l'alcool sur la santé peuvent varier d'un produit à l'autre. Certains, notamment le vin, pourraient posséder des effets protecteurs additionnels que n'ont pas d'autres. Toutefois, les effets protecteurs dont nous traitons ici s'appliquent à l'alcool, quel que soit le produit: vin, cidre, bière ou spiritueux.

 

Un mode de consommation précis

 

Les effets bénéfiques de l'alcool se manifestent davantage lorsque la consommation se fait autour d'un repas. Se servir un apéro ou prendre un verre à table ce n'est pas la même chose que boire un verre le matin à jeun, par exemple.

 

L'alcool, c'est de l'alcool

 

Il y a autant d'alcool dans un verre (12 onces) de bière ou de cidre à 5% que dans un verre (5 onces) de vin à 12% ou dans un verre (1,5 once) de spiritueux à 40%. Il s'agit là des formats habituels des verres de consommation à l'exception du cidre que l'on boit généralement dans des verres de 5 onces.

 

Ce n'est pas tout de boire

 

Il ne suffit pas de consommer un ou deux verres d'alcool tous les jours pour être en bonne santé ou pour diminuer les risques de maladies cardio-vasculaires. Cesser de fumer, bien se nourrir, faire de l'exercice sont autant de moyens à mettre en oeuvre pour réduire le risque.

 

Ce n'est pas obligatoire de boire

 

Il y a des gens qui, pour de multiples raisons, choisissent de ne pas consommer d'alcool. Si c'est votre cas, personne ne vous recommande de commencer à boire pour des raisons médicales. Après tout, on consomme de l'alcool pour le plaisir et par choix personnel, pas comme médicament.

 

La privation d’un produit entraîne une sensation de malaise, d’angoisse, allant parfois jusqu’à la dépression.

 

Une fois qu’elle a cessé de consommer, la personne peut mettre du temps à s’adapter à cette vie sans le produit.

 

Cet arrêt bouleverse ses habitudes, laisse un vide et permet la réapparition d’un mal-être que la consommation visait à supprimer.

 

Cela explique la survenue possible de rechutes ; elles font partie du lent processus qui, à terme, peut permettre d’envisager la vie sans consommation problématique.

 

Certains produits entraînent une dépendance physique :

 

l’organisme réclame le produit à travers des symptômes physiques qui traduisent un état de manque

 

La privation de certains produits tels que les opiacés, le tabac, l’alcool et certains médicaments psychoactifs engendre des malaises physiques qui varient selon le produit : douleurs avec les opiacés, tremblements majeurs avec l’alcool, convulsions avec les barbituriques et les benzodiazépines. Ces symptômes peuvent être accompagnés de troubles du comportement (anxiété, irascibilité, angoisse, agitation...).

 

Lorsqu’une personne arrête de manière brutale ou progressive la prise d’une substance psychoactive, on parle de sevrage. Pour libérer l’organisme du besoin de la substance sans les effets physiques du manque, les personnes pharmacodépendantes peuvent trouver une aide médicale et psychologique.

 

Il leur est proposé un traitement approprié qui peut prendre la forme d’un sevrage sous contrôle médical ou d’un traitement de substitution. Le suivi et l’accompagnement psychologique apportent une aide précieuse pour surmonter les difficultés du sevrage. Généralement, ce soutien favorise et renforce les résultats attendus.

Publié dans yahp

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